Les montres suisses repartent à la hausse… mais pas partout

Les chiffres du mois de mars 2025 réservent une surprise discrète mais révélatrice pour l’industrie horlogère suisse. Après un passage à vide en février, les exportations des montres repartent timidement, entre tensions asiatiques et appétit américain.

Une croissance qui masque des disparités criantes

Après une baisse de -8,2% en février, le secteur horloger suisse enregistre un regain d’énergie en mars avec une croissance de +1,5%, totalisant 2,13 milliards de francs suisses. Un chiffre encourageant… à condition de regarder au bon endroit.

Les montres en acier, pilier de l’industrie, affichent une belle performance avec une progression de +5%, tandis que les pièces bimétalliques et en métaux précieux grimpent respectivement de +1% et +1,9%. À l’inverse, les montres fabriquées dans d’autres métaux connaissent un effondrement brutal de -23,7%.

Côté volumes, la tendance reste paradoxale : moins de montres exportées, mais plus de valeur générée, illustrant une stratégie clairement axée sur le haut de gamme.

Le segment moyen, nouveau moteur du luxe raisonnable ?

Les garde-temps entre 500 et 3.000 francs suisses enregistrent la plus forte progression du mois avec +2,6%. Même les montres à plus de 3.000 francs résistent avec +1,8%. Ce sont surtout les segments moins onéreux qui trinquent : -17,5% pour la tranche 200-500 francs, -1,4% sous les 200 francs.

Cette bascule confirme un repositionnement vers des produits à plus forte marge, moins vulnérables aux soubresauts du volume.

États-Unis et Royaume-Uni à la rescousse

Le véritable moteur de cette légère embellie ? Les États-Unis, qui représentent 19% du marché à eux seuls. Leur appétit pour la montre suisse ne faiblit pas, avec une envolée de +13,7%, soit 405 millions de francs suisses. Le Royaume-Uni suit avec une hausse solide de +10,6%.

Le Japon reste stable (+1,1%) mais l’Asie déçoit : Hong Kong (-11,3%), Chine (-11,5%), Singapour (-1,8%).

Un avenir suspendu à Genève ?

Si le premier trimestre reste en recul global (-1,1%), le salon Watches & Wonders, tenu début avril à Genève, pourrait bien rebattre les cartes. L’industrie joue désormais sur l’expérience et l’innovation événementielle pour séduire les acheteurs.

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